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La France et le Portugal ont-ils régularisé leurs sans papiers ? Parfois, l’intox réside dans l’imprécision. Et chacun choisit de voir midi à sa porte.

Fin mars, une annonce du petit pays ibérique, en pleine pandémie de coronavirus, a été prise en exemple par de nombreux Européensappelant leurs gouvernements à imiter les socialistes portugais. Pour les protéger pendant l’épidémie, le Portugal a décidé d’accorder à tous les étrangers ayant déposé une demande de titre de séjour avant le 18 mars, y compris les demandeurs d’asile, les mêmes droits qu’aux résidents portugais. Mais les immigrés devront renouveler leurs demandes de droit au séjour au 1er juillet, à la fin de ces trois mois et demi de pause.

Ce que certains n’ont pas compris. Ou omis de préciser. Interrogé sur le sujet, Christophe Castaner a lui affirmé que la France avait fait exactement la même chose que son voisin européen. Sur France Inter, le ministre de l’Intérieur expliquait : « Pour faire simple, on a fait comme au Portugal, mais avant le Portugal. » La France a en effet prolongé pour 90 jours la validité de tous les titres de séjour expirant pendant l’épidémie, dont les attestations de demande d’asile, ou les titres de séjour provisoire. Le décret a été publié deux jours avant le texte portugais. Mais cela ne veut pas dire que la mesure est la même.

En France, par exemple, les demandeurs d’asile n’ont pas le droit de travailler pendant les six premiers mois d’examen de leur demande. Et cela ne change pas. Au Portugal, les demandeurs d’asile ont désormais exactement les mêmes droits que tous les résidents. Droit au travail, donc, mais aussi au chômage ou à certaines aides sociales, impossibles à obtenir en France sans avoir le statut de réfugié. Une vraie régularisation donc, mais qui n’est que temporaire.

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