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Cybersécurité en mode mesh, ingénierie de l’IA, services clouds distribués, telles sont, selon Gartner, quelques-unes des grandes tendances qui marqueront demain les opérations IT des entreprises.

Dans son étude annuelle sur les tendances technologiques stratégiques auxquelles doivent se préparer les entreprises au cours de l’année à venir, le cabinet de recherche Gartner explique que celles-ci devront surtout rendre leur architecture résiliente et s’adapter aux changements disruptifs qui seront désormais la norme. Le document a été dévoilé lors de la conférence IT Symposium/Xpo Americas 2020, organisée en ligne du 19 au 22 octobre. Clairement, comme l’a déclaré Gartner d’entrée de jeu, les analystes du cabinet d’étude pensent que les dirigeants IT devront répondre aux défis posés par les interactions humaines et technologiques, gérer les bouleversements consécutifs à la pandémie de Covid-19 et trouver des solutions aux enjeux économiques actuels. « La nécessité d’une résilience opérationnelle entre les fonctions de l’entreprise n’a jamais été aussi grande », a déclaré Brian Burke, vice-président de la recherche chez Gartner. « Pour répondre à la fois aux conséquences de la crise sanitaire et stimuler la croissance, les entreprises devront concentrer leurs efforts sur trois domaines principaux, en tête des tendances de l’année à venir : centrer leurs activités autour des personnes, être indépendant du lieu et atteindre la résilience pour la livraison », a déclaré M. Burke.

Après avoir posé ces concepts en toile de fond, M. Burke a détaillé les principales tendances technologiques stratégiques identifiées par Gartner pour 2021 :

L’Internet des comportements (IoB)

« Les technologies qui utilisent la reconnaissance faciale, la géolocalisation et le big data, et connectent les données résultantes à des événements comportementaux, comme les achats en espèces ou l’usage d’un appareil, gagnent en popularité », a déclaré M. Burke. Les entreprises utilisent ces données pour avoir une influence sur le comportement humain – tendance désignée par Gartner sous le terme d’Internet des comportements ou Internet of Behaviors (IoB). Par exemple, pour surveiller le respect des protocoles sanitaires pendant la pandémie, les entreprises pourraient utiliser l’IoB en exploitant les capacités de vision des ordinateurs afin de voir si les employés portent des masques, ou par imagerie thermique pour identifier ceux qui auraient de la fièvre. Gartner prévoit que, d’ici la fin de l’année 2025, plus de la moitié de la population mondiale sera soumise à au moins un programme d’IoB, qu’il soit privé, commercial ou gouvernemental. « Même si l’Internet des comportements est techniquement possible, les différentes approches utilisées pour influencer le comportement humain devraient susciter de grands débats éthiques et sociétaux », a déclaré M. Burke.

Confidentialité des données en mode calcul

D’ici 2025, 50 % des grandes entreprises adopteront une confidentialité des données en mode calcul, autrement dit, protégeront les données en cours d’utilisation tout en préservant leur secret ou la vie privée, au cas où elles sont amenées à traiter les données dans des environnements non fiables, ou si l’analyse des données est partagée entre plusieurs parties », a déclaré M. Burke. Les entreprises devraient commencer à identifier les situations nécessitant le respect de la vie privée et à évaluer les activités de traitement des données impliquant des transferts de données personnelles, la monétisation des données, l’analyse des fraudes et d’autres scénarios où des données hautement sensibles sont en jeu », a encore déclaré vice-président de la recherche de Gartner.

La cybersécurité en mode mesh

« L’idée est de permettre à tout le monde d’accéder à n’importe quel asset numérique en toute sécurité, quel que soit l’endroit où se trouve l’asset ou la personne », a aussi déclaré M. Burke. Cette cybersécurité dissocie l’application des politiques de leur définition par le biais d’un modèle de livraison dans le cloud et permet de faire de l’identité le périmètre de sécurité par excellence. « D’ici 2025, la cybersécurité en mode mesh gèrera plus de la moitié des demandes de contrôle d’accès numérique », a déclaré M. Burke. « La pandémie de Covid-19 a accéléré le processus de plusieurs décennies et a mis l’entreprise numérique sens dessus dessous », a déclaré M. Burke. « Nous avons franchi un point de bascule – la plupart des assets des entreprises devant être protégés se trouvent désormais hors des périmètres de sécurité physiques et logiques traditionnels. Étant donné que la dispersion des opérations va se poursuivre, la cybersécurité en mode mesh va s’imposer comme approche la plus pratique pour garantir l’accès et l’utilisation sécurisés d’applications situées dans le cloud et de données distribuées à partir de dispositifs qui échappent aux contrôles ».

Le cloud distribué

L’impact des services clouds distribués figure sur la liste de Gartner depuis quelques années maintenant. Comme l’explique le cabinet d’étude, le cloud distribué consiste à fournir des services de cloud public à différents endroits physiques, tandis que l’exploitation, la gouvernance et l’évolution des services restent la responsabilité du fournisseur de cloud public. Le cloud distribué fournit un environnement agile pour les scénarios où un faible temps de latence est indispensable, pour répondre à des besoins de réduction de coûts des données et à des exigences de résidence des données. Il répond également à la nécessité, pour les clients, de disposer de ressources clouds plus proches du lieu physique où se trouvent les données et sont menées les activités commerciales. D’ici 2025, la plupart des plates-formes de services clouds fourniront au moins quelques services distribués dans le cloud qui s’exécuteront à proximité du lieu de consommation. « Le cloud distribué peut remplacer le cloud privé et permet d’offrir des capacités clouds à la périphérie et les met à la portée d’autres nouveaux cas d’usage. C’est l’avenir du cloud », a déclaré M. Burke.

L’hyperautomatisation

Le concept d’hyperautomatisation, qui, selon Gartner, implique la combinaison de plusieurs outils d’apprentissage machine (ML), de logiciels et d’outils d’automatisation pour effectuer des tâches, figurait également dans la liste des tendances stratégiques de l’an dernier, et ce domaine continue à se renforcer. Même si la tendance à l’hyperautomatisation a connu une évolution constante ces dernières années, la pandémie a accru la demande avec un besoin urgent pour le « tout numérique ». Cet afflux soudain de demandes a poussé plus de 70 % des entreprises commerciales à prendre des dizaines d’initiatives d’hyperautomatisation », a déclaré M. Burke. « L’hyperautomatisation est désormais inévitable et irréversible », a ajouté M. Burke. « Tout ce qui peut et doit être automatisé le sera ».

L’opérationnel IT en tout lieu

Selon M. Burke, l’expression « opérations en tout lieu » fait référence à un modèle d’IT opérationnel qui permet de soutenir l’activité, les clients, les employés partout où ils se trouvent à travers des infrastructures distribuées. D’ici à la fin 2023, 40 % des entreprises auront appliqué le modèle « d’opérations en tout lieu » de façon à offrir aux clients et aux employés des expériences virtuelles et physiques optimisées et combinées.

Une expérience totale

Dans son précédent rapport 2019, Gartner déclarait que jusqu’en 2028, « l’expérience utilisateur entraînerait un changement significatif dans le mode de perception du monde digital et son interaction avec lui, pour aller vers un mode « d’expérience multiple » ». Les plates-formes de conversation dotées de capacités améliorées de gestion de la voix et de dialogue vont changer la manière dont les gens interagissent avec le monde digital. Selon M. Burke, Gartner va encore plus loin cette année avec son concept d’expérience totale (Total Experience – TX), une stratégie qui relie la multi-expérience « avec les disciplines de l’expérience client, employé et utilisateur », a déclaré M. Burke. La pandémie de Covid-19 a transformé l’expérience digitale avec des technologies comme les interfaces sans contact, et les entreprises auront besoin d’une stratégie TX à mesure que les interactions seront plus mobiles, plus virtuelles et plus distribuées.

Une entreprise intelligente et composable

Le concept d’entreprise intelligente et composable revisite radicalement le processus décisionnel en offrant l’accès à de meilleures informations et en permettant d’y répondre plus rapidement. Par exemple, à l’avenir, les machines amélioreront la prise de décision, grâce à un riche tissu de données et d’informations. L’entreprise intelligente composable ouvrira la voie à de nouveaux modèles commerciaux digitaux, à des opérations autonomes et à de nouveaux produits, services et canaux. « Construits pour l’efficacité, les processus commerciaux statiques étaient si fragiles qu’ils se sont effondrés sous le choc de la pandémie », a déclaré M. Burke. « Alors que les DSI et les responsables IT s’efforcent de recoller les morceaux, ils commencent à comprendre l’importance de disposer de capacités commerciales qui peuvent s’adapter au rythme de l’évolution des entreprises ».

L’ingénierie de l’IA

« L’intelligence artificielle va gagner en maturité dans de multiples domaines à mesure que se fera sentir le besoin d’une plus grande automatisation », a déclaré M. Burke. Mais selon Gartner, les recherches montrent que seulement 53% des projets d’IA passent du prototype à la production. Pour s’orienter vers une production basée sur l’IA il faut se tourner vers l’ingénierie de l’IA, une discipline axée sur la gouvernance et la gestion du cycle de vie de nombreux modèles d’IA et de modèles décisionnels en vue de les rendre opérationnels, dans l’apprentissage machine ou les graphes de connaissance.

source:lemondeinfomtique.fr

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