Le Blog Dédier au Nouvelle Technologies

Chine

FAKE OFF De nombreux internautes s’interrogent sur le passage d’un roman publié par Dean Koontz en 1981, qui décrit une arme bactériologique intitulée « Wuhan 400 »

  • Des internautes affirment que l’écrivain américain Dean Koontz a « prédit » l’épidémie de coronavirus, extrait du livre à l’appui.
  • Il s’agit d’une simple coïncidence, de nombreuses différences existent entre le virus décrit dans le livre et le Covid-19.

« Li Chen a fait défection vers les Etats-Unis, en transportant un enregistrement sur une disquette de la nouvelle arme biologique la plus importante et la plus dangereuse de la Chine depuis une décennie. (…) Wuhan 400 est l’arme parfaite. Elle touche uniquement les êtres humains. » Ces quelques lignes sont censées démontrer qu’un écrivain américain a prédit en 1981 l’arrivée du coronavirus.

Cet extrait provient du roman The Eyes of Darkness (Les yeux de l’obscurité), écrit par Dean Koontz. De nombreux internautes y voient une prédiction de la survenue de la maladie.

FAKE OFF

Ce livre de science-fiction relate l’histoire d’une mère, Tina, à la recherche de Dany, son fils. Elle pense dans un premier temps que celui-ci est mort accidentellement, avant de recevoir des messages troublants.

Ce livre ne « prédit » pas la survenue du coronavirus. L’auteur invente la description d’une arme bactériologique, le « Wuhan 400 ». Celle-ci présente des différences avec la pandémie actuelle : le « Wuhan 400 » a un taux de mortalité de 100 %, souligne le site américain de fact-checking Snopes. Le taux de mortalité du Covid-19 reste difficile à estimer. Selon l’OMS, 3,4 % des personnes qui ont été détectées avec le Covid-19 sont mortes.

Le nom du virus a changé dans le roman

Le nom du virus dans le roman a changé, a également noté Snopes : celui-ci était auparavant appelé « Gorki 400 » dans les premières éditions du livre, paru pendant la guerre froide. Contactée par nos soins, la maison d’édition n’a pas expliqué ce changement de nom.

Chan Ho-Khei, auteur de romans policiers, a expliqué au South China Morning Post que ce genre de coïncidences n’est pas rare : « Si vous cherchez bien, je parie que vous pouvez repérer des prophéties pour presque tous les événements. » Il prend l’exemple d’un roman, Le Naufrage du Titan, publié en 1898, qui raconte l’histoire d’un paquebot qui coule dans l’Atlantique nord après avoir touché un iceberg. Une histoire qui rappelle celle du Titanic, naufragé en 1914. « Les auteurs de fiction essaient toujours d’imaginer ce que serait la réalité, il est donc très probable qu’ils écrivent qui ressemble à une prédiction, a précisé Chan Ho-Khei au journal hongkongais. Bien sûr, c’est bizarre quand les détails entrent en collision, mais je pense que c’est juste une question de probabilités. »

Un extrait d’un livre d’une voyante

Quant au dernier extrait de livre partagé par les internautes, il ne provient pas du roman de Dean Koontz, mais d’un livre publié par Sylvia Browne, qui se décrivait comme une voyante. Voici ce qu’elle écrivait dans End of Days (Fin des jours), publié en 2008 : « Vers 2020, une maladie sévère de type pneumonie se répandra à travers le monde, attaquant les poumons et les bronches et résistant à tous les traitements connus. Presque plus surprenant que la maladie, ce sera le fait que celle-ci disparaîtra soudainement aussi rapidement qu’elle est arrivée, attaquera une nouvelle fois dix ans plus tard, puis disparaîtra entièrement. »

Dans la même page, Sylvia Browne prédisait que la surdité et la cécité allaient avoir disparu d’ici à 2020. Morte en 2013, l’auteure était un personnage controversé aux Etats-Unis. Elle avait fait plusieurs fausses prédictions concernant des enfants victimes d’enlèvements. Quand Browne publie End of Days, une épidémie de SRAS, qui est également un coronavirus, vient de se dérouler cinq ans auparavant. A-t-elle pu s’en inspirer pour ces quelques lignes ?

0Shares